Uluce, construction d’un collectif et d’une oeuvre

Uluce, première œuvre du collectif Recif conjugue ingénieusement plusieurs domaines – design, art visuel et art sonore interactif – en une unique structure à treize faces géométriques, en toile tendue, hautement sensorielles. Installation poétique et ludique, chacune des surfaces de l’œuvre possède ses propres signaux lumineux et sonores que le spectateur peut venir activer en tapotant, caressant ou effleurant le tissu. À partir d’une même œuvre, chaque spectateur peut entamer la sienne, seul ou accompagné.

Le collectif Recif est composé de Lola Faraud, étudiante en Master de graphisme, de Romain Ronflette, inscrit à l’École de Design de Nantes, en Master spécialisé sur les interfaces tangibles – rendre physique toutes les dimensions numériques, à travers les espaces et les objets –, et de Quentin Hemonet, designer sonore et compositeur, issu d’une formation musicale, spécialisé en musicothérapie – liens entre la musique et les interactions sociales.

Comment s’est créé le collectif Recif ?

D’abord sur des liens d’amitiés, on se connaît depuis longtemps. On voulait faire des choses en s’enrichissant mutuellement de nos disciplines. On a vraiment lancé le collectif pour Uluce, l’œuvre nous permet d’exposer dans plusieurs festivals – Scopitone à Nantes, Maintenant à Rennes. Il fallait se structurer pour ce projet, et grâce à ce premier pas on peut en entamer d’autres. Nous avons notamment un projet avec un programmeur londonien pour un objet de création visuelle en direct.

Quelles ont été les étapes de création d’Uluce ?

Nous avons répondu à un appel à projet lancé par le festival Maintenant, géré par Electroni[k], au printemps 2016. Nous étions à ce moment là encore dispatchés dans plusieurs villes. Au début nous gérions essentiellement la partie numérique, savoir comment unir les interactions physiques avec le code et produire les lumières et les différents sons. Puis vers Juillet nous avons entamé la construction de la structure à Bordeaux, avant d’installer une sorte d’atelier d’artiste dans un appartement transformé pour l’occasion à Nantes. Le budget de 1.200€ alloué était un bon exercice de complications, Uluce est une grosse structure, plus de 50% de la somme s’en est allé dans l’électronique, donc pour le reste nous avons axé sur la récupération, sauf pour les toiles tendues. Nous avons tout fait nous même pour supprimer les frais de sous-traitance. C’était intense, nous avons terminé Uluce la veille de sa première installation.

Que va-t-il advenir de l’œuvre ?

Uluce nous fait faire nos premières expositions, nous allons attendre les retours, les commentaires positifs et négatifs pour aviser de l’avenir. Après Scopitone et Maintenant, nous avons quand même divers projets pour Uluce. Electroni[k] souhaite faire un suivi des œuvres pendant plusieurs années, donc déjà notre structure va tourner pendant un moment. Ensuite nous verrons pour des utilisations plus sociales. Uluce est un œuvre très sensorielle et les particularités de maladies comme l’autisme font que souvent des hypersensibilités ou hypo sensibilités se développent aux niveaux visuel, sonore ou tactile. Ce genre de structure d’art numérique à fort potentiel sensoriel peut trouver sa place thérapeutique face à des publics spécifiques.

adscite soutient l’appel à projet étudiant lancé par l’association Electroni[k] pour la prochaine édition du festival Maintenant qui aura lieu en octobre 2017 à Rennes.

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Remerciements : Stereolux | Electroni[k]

Alexandre Fisselier